04 oct. ~ Garciaphone ~


l Garciaphone l Dreameater l

Olivier Perez est un homme de peu de mots, mais quand ils viennent, les mots, il les dépose sur l'édredon d'un univers musical taillé pour les grands espaces, celui de Garciaphone. Ils en deviennent d'autant plus précieux, ces mots, qu'ils sont simples et rares... même s'ils sont en anglais, rechigneront certains.

Peu de mots, également, pour présenter la création de ce très attendu Dreameater. Des mots en français, pour le coup, mais d'une égale intensité, avec lesquels il expliquait, avec pudeur, à ses souscripteurs les raisons de tout ce temps passé... expliquant qu'il ne rêvait plus et donc n'écrivait plus.

Il disait ne pas vouloir uniquement blâmer la course folle de tous les destructeurs de monde et mangeurs de rêves qui interdisent de trop voir l'avenir en couleur. Mais le talent du songwriter est de savoir autant dépeindre le monde qui l'entoure que de plonger en son for intérieur et d'y voir tout ce que l'individu porte en lui d'obscurité... une noirceur ou au minimum une mélancolie qui pousse à laisser dépérir les choses... Don't Try to Find me When I Lose Myself*...

...et puis il y a le perfectionnisme, ce perfectionnisme qu'il s'autorise et lui permet de présenter dix titres délicats et soyeux, réalisés avec un entourage de proches issus de la luxuriante scène Clermontoise.

Olivier avouait en parallèle à un hebdomadaire avoir eu l'intention de faire un disque plus énervé que Constancia... mais chassez le naturel, il revient au galop. Et pour ce qui est du naturel, au pied des volcans éteints du Massif central, on connaît... que ce soit le magnifique Live in Dolores de Jean-Louis Murat, les collectifs Kütü Folk et La Novia, l'électro syncrétique d'Apollo Noir ou la pop atrophiée d'I, Useless... tous portent une empreinte organique, minérale ou végétale qui peut faire écho aux sources d'inspiration d'autres auteurs folk pop déviants anglo-saxons auxquels on ne peut que se réjouir de penser à l'écoute de ses 37 minutes...

Avec Matthieu Lopez, aka Matt Low, Zacharie Boisseau, aka Zak Laughed, et Clément Chevrier, c'est une palette de musiciens croisés sur la route de groupes de référence de cette scène folk faussement lo-fi et terriblement pop qui renvoie l'image d'une nébuleuse française équivalente à celle d'un Elliot Smith, Jason Lytle, Vic Chesnutt et Martin Gretchschmann réunis.

Pouvait-on s'attendre à une musique moins délicate quand le groupe qu'Olivier a consisté pour ce disque réunit un ensemble de sensibilité qui ont par ailleurs contribué à The Delano Orchestra, St. Augustine, Dempster Highway et Pain-Noir.

Le piano et les claviers prennent une dimension plus importante que sur Constancia, la batterie s'efface derrière un rideau d'ambiance dressant le tableau d'un crépuscule annonçant le retour de rêveries nocturnales retrouvées.

* littéralement N'essaie pas de retrouver quand je me perd mais aussi N'essaie pas de me rattraper quand je m'égare

#bleu #ClermontFerrand #folk #autoproduction #ElliotSmith #Grandaddy

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