10 oct. ~ Burning Heads ~


l Burning Heads l Opposite l

2017, une tournée de 30 dates pour les 30 ans du groupe ne suffisent pas à résumer le fabuleux parcours d'un groupe fidèle à lui-même et à la musique punk dont il creuse le sillon...

... les Burning Heads a-live depuis... 1987 !

La longévité est un talent en soi et les Orléanais figurent parmi les groupes mythiques de notre scène made in France. Il n'était pas envisageable de ne parler d'eux dans French-o-rama. Sans prétendre faire le tour d'une vraie belle carrière, ni recopier la page Wikipedia, ou les beaux papiers et interviewes de webzines passionnés tels que RockmadeinFrance ou Mowno...

Nombres de groupes mythiques ont, pour le plus grand désespoir de leurs fans, fini par lâcher l'affaire. Le nombre de raisons est une longue liste de tristes événements, d'histoires banalement triviales ou tout simplement l'envie de passer à autre chose... Pas les Burning.

Histoire de saluer ses hérauts peu ordinaire du rock en France, difficile de résister à l'envie de prendre le contre-pied au premier réflexe qui serait de parler de leur dernier disque en date, un live enregistré en 1998 par la radio de Los Angeles, KXLU, et exhumé par le label angevin Nineteen Something ou les nombreux albums mémorables tel que notamment, Taranto, Be One With the Flames ou tout simplement le premier LP éponyme, sorti à l'époque sur une division de Fnac Music, appelée Semetery Records... une autre époque !!.

Opposite est le premier disque qu'ils sortirent sur le label iconoclaste et poil à gratter Yelen Musiques qui faisait une jolie tâche dans les locaux de Sony Music. C'est aussi un album en phase avec ce pan de la culture punk qui en hérisse quelques uns... la capacité et le plaisir d'aller marcher pieds-nus dans l'herbe... et de proposer des titres qui viennent enfumer le reggae comme d'autres punk le firent... The Ruts, The Clash, The Slits, Bad Brains...

[ On a beaucoup de chance de pouvoir...

jouer notre musique ensemble depuis si longtemps ]

Petit rembobinage, à l'heure des trente ans pour jauger d'un groupe avant tout passionné.

On a beaucoup de chance de pouvoir jouer notre musique ensemble depuis si longtemps. Malgré quelques divergences, nous arrivons toujours à tempérer et rester unis pour franchir les obstacles qui parfois font qu’un groupe se sépare, confesse JBe, puisque notamment, pour un groupe d'une telle longévité, ils ont connu relativement peu de changements de line-up.

L’aventure a commencé le plus simplement possible : des copains qui ont envie de jouer ensemble dans un local pour pouvoir faire des concerts, enregistrer des morceaux, bouffer des kilomètres et partager des soirées avec d’autres copains, poursuit-il. Individuellement, c’est même plutôt une continuité qu’un commencement, on faisait tous partie de groupes avant de jouer dans Burning Heads.

En tout cas, c’est ce qui nous a motivé pour monter un groupe et c’est toujours ce qui nous tient depuis 30 ans !!!

Même si on a des objectifs parfois difficiles à atteindre, on se contente surtout de ce que l’on a déjà.

Faire des concerts en jouant notre musique est une très grande satisfaction, rencontrer des gens, voir leurs sourires, avoir des retours (bien souvent positifs) sur notre musique nous comble, forcément !!!

Forcément la discographie du groupe est enviable avec une liste de plus trente LP, EP, splits, ... qu'ils enregistrent, mixent, produisent eux-mêmes depuis quelques années maintenant.. .mais qui les ont vu aussi travailler avec Donnell Cameron (NOFX, No Use For a Name, Drive Like Jehu, ...), Jack Endino (Green River, Soundgarden, Nirvana, Tad, Babes in Toyland, ...), Fred Norguet (Portobello Bones, Sleeppers, Seven Hate, Near Death Experience ,...), avec un passage via le label de référence Epitaph, un export à l'international qui a rempli de fierté... et pas seulement les fans, même si ce genre de contrats ne vient pas sans quelque revers de médaille.

De la fierté aussi, évidemment, même s’il faut relativiser... raconte JBe. D’abord, il s’agit d’Epitaph Europe : une antenne qui a été montée en urgence à Amsterdam pour, au départ, avoir une main sur la distribution des grosses "locomotives Epitaphiennes"... The Offspring en tête, qui explosaient sur le continent.

[ à partir du moment où la personne qui s’occupait de toi...

n’était plus là, tu n’existes pratiquement plus !!! ]

Fort de ce succès, ils se sont "servi" de ce réseau pour proposer une Écurie de Groupes Européens à côté des productions Américaines. Expérience internationale certes, mais avec des pays européens : pas de contrat avec Epitaph US (qui avait d’autres chats à fouetter) et donc pas de distribution là-bas ou ailleurs dans le monde. Cette distribution nous a permis de re-monter une tournée européenne plus facilement mais nous avions déjà défriché le terrain 2 ans auparavant sans être sur Epitaph (ce qui a d’ailleurs peut être pesé dans la balance quand il a fallu qu’ils montent leur écurie).

Ces deux tournées avaient été montées par un tourneur Orléanais : Jostone Traffic. On s’est assez vite rendu compte que ce gros label indépendant fonctionnait un peu comme une grosse Major et qu’à partir du moment où la personne qui s’occupait de toi n’était plus là, tu n’existes pratiquement plus !!!

L’expérience Epitaph n’a duré que 2 ans et deux albums (Be One With the Flammes (1998) & Escape (1999). On avait signé pour 2 albums + 2 optionnels. Ils ont levé l’option : pas assez rentable (!!!) et on ne peut même pas ressortir ces 2 albums nous-même sans que ça nous coûte un bras. Vive les contrats d’artistes : c’est cool, la maison de disque te paye -t’avance- les frais de studio mais les bandes ne t’appartiennent pas.

Sans pour autant être trop désabusés, la suite s'est donc passée chez Yelen Musiques, avec l'incontournable et regrettée Patricia Bonnetaud... fan de musique(s) tout simplement curieuse et militante qui at apporté son soutien à des groupes comme Oneyed Jack, Mass Hysteria, mais aussi Gary Clail, Trio ou la Rue Kétanou... Le profil idéal pour un groupe de punk qui voulait tester ses limites avec un disque qui était un peu plus qu'un disque de reggae puisque toute la fin du disque pousse les choses jusqu'à un mélange de dub, de guitares et de drum'n'bass...

Tout d’abord, on n’avait plus de label (on venait de se faire plaquer par Epitaph), et on venait d’enregistrer un album... REGGAE !!! Yelen, c’est bien sûr PatPat (et l’équipe du label Yelen Musiques), c’est une histoire de confiance entre le Label et nous, à l’intérieur de cette immense tour d’ivoire qu’est Sony Music.

[ Trop de chefs, pas assez d’Indiens ]

Le désabus, on ne l’a pas trouvé au sein du Label qui fonctionnait vraiment comme un indé, certes au milieu d’une Major, mais avec assez de poids pour avoir un libre choix artistique et laisser ses artistes libres de leurs choix musicaux. En revanche, faisant partie d’un label de Sony France, pour bénéficier d’une distrib dans un autre pays, il fallait traiter avec le Sony Music du pays en question... explique JBe.

Ayant plusieurs Sony Music en Europe mais qu’une seule Patricia Bonnetaud, je te laisse imaginer ce que Sony peut penser d’un groupe comme Burning Heads. Trop de chefs, pas assez d’Indiens, résume-t-t-il en reprenant le célèbre slogan du label. Pas de distribution européenne via Sony et, en plus de sonner un peu comme le diable, une structure beaucoup trop lourde pour passer avec des indépendants au coup par coup dans les différents pays.

Même si nombre de gens savent que le punk rock entretient une certaine relation incestueuses avec une certaine forme rock steady/reggae... le groupe n'a pas reculé, poussant bien au contraire le curseur plus loin.

Bien sûr certains ont été hermétiques à la publication d’Opposite et aussi pour le BHASS Project, dit-il en référence au projet Never Trust a Punk... rencontre entre Burning Heads et Alif Sound System.

On ne peut pas leur imposer d’aimer tous les albums que l’on sort sous prétexte que c’est Burning Heads !!! Rappelons le contexte : début 2000, plus de Label deux petits albums "brûlots" sortis coup sur coup à un an d’intervalle. L’envie de faire un album reggae en entier plutôt que quelques morceaux dans des albums punk rock nous trottait dans la tête déjà depuis pas mal de temps, se rappelle le bassiste.

On s’est mis dans le local avec cette idée et les morceaux sont arrivés les uns après les autres sans trop d’efforts, suffisamment pour pouvoir proposer un album. Une fois les morceaux enregistrés, cette fois-ci par nous-mêmes, sans l’aide d’aucune maison de disques (les bandes nous appartiennent !!!), on a démarché les différents labels. La suite on la connaît...

[ Je ne suis pas sûr que la scène actuelle...

connaisse les noms des groupes de cette époque. Quoique... ]

Un disque qui sonnait du tonnerre et que le groupe était venu jouer lors d'une soirée stéphanoise chargée d'émotions après la disparition d'un homme de radio, fan de musique devant l'éternel et de reggae en particulier.

Bien sûr, je me souviens aussi de ce concert, dit JBé. Il y avait de l’émotion et pour cause, mais il fallait l’énergie, beaucoup d’énergie positive pour rendre un dernier hommage à ce grand Monsieur qu’était Captain Bob. Il venait nous voir à tous les concerts que l’on donnait dans le coin et ce n’était pas le dernier à nous passer sur les ondes de Radio Dio !!!

L'occasion d'une petite séquence vieux con... pour évoquer les années 90 en France et leur apport à la scène actuelle... Burning Heads... Spicy Box, NDE, Thugs, Real Cool Killers, Portobello... une scène punk et noise qu'une nouvelle génération vient régénérer. Un vrai plaisir.

Les années ‘90 ont posé des bases, oui, mais elles sont un peu loin maintenant. Je ne suis pas sûr que la scène actuelle connaisse les noms des groupes de cette époque. Quoique, on voit de plus en plus de groupes de cette période se reformer, tourner et sortir des albums...

C’était avant internet. Les radios FM et les fanzines avaient une place très importante dans la scène. Les labels (Sub Pop, Epitaph...) grossissaient à vue d’œil et grâce aux succès de Nirvana, Offspring ou Noir Désir en France (pour ne citer qu’eux), on pouvait entendre des grosses guitares à la radio et sur les télés. Il y avait une émulsion, les groupes se formaient et des salles se créaient la scène évoluait, bouillonnait !!!

20ans après, il y a beaucoup plus de salles, de locaux de répètes mais internet est passé par là... Les fanzines papiers n'existent pratiquement plus. Alors qu’on les trouvait facilement sur les stands lors des concerts ou chez les disquaires, il faut maintenant aller les chercher sur le web, perdus parmi les tonnes d’informations qui y circulent...

Plus de punk rock à la télé, ni à la radio (j’entends là dans le mainstream, les grosses chaînes de télés et radios), ce qui veux dire moins de visibilité ou de possibilité de faire découvrir la musique à ceux qui ne connaissent pas ce style. Bien sûr il y a internet, encore faut-il vouloir et savoir où chercher.

Pourtant, des groupes il y en a, et des bons!!!

[ Ce qui manque souvent c’est le public pour aller les voir ]

C’est clair que ça fait plaisir à voir. Il y a les copains d’Opposite Prod déjà, le label qui tient la route grâce à Boris et Ben de PPandM qui nous filent un énorme coup de main pour sa gestion (merci les manos!!!) : Monde de Merde, Speed Jesus, Polair, Welcome Noise, Buried Option, King of Nothing, Fuzz Theory, Sukoï Fever, Devon Miles, R’nCs... Et d’autres plus ou moins jeunes, Pogo Car Crash Control, bien sûr, mais aussi Angry Sometimes, Escape, TRITS, Eternal Youth, Homeboys, The Boring, Hateful Monday, Sleeppers, The Patrons, Johnny Mafia, Charly Fiasco, The Rebel Assholes, Mars Red Sky, Jodie Faster, Smutt, Anchor Drops, Poutre, Topsy Turvy, Toxicc TV, Syndrome81, I’ve Learned, Lysistrata,... Tous ces groupes que l’on va avoir la chance de croiser sur notre tour et tant d’autres...

Ce qui manque souvent c’est le public pour aller les voir, regrette-t-il.

Difficile d'être moins d'accord. Mais pour boucler la boucle, et faire écho à cette longévité et passion, les Burning Heads n'en restent moins... très actifs.

Pour nous, entame-t-il, le futur très proche c’est la tournée Keep the Fire Burning, 30ans/30concerts. Un sacré challenge que notre tourneur 3C a réussi à monter, merci !!! On est en plein dedans et on va partager la scène avec une tonne de groupes, c’est juste énorme !!!

On a lancé un crowdfunding aussi pour pouvoir financer l’achat d’un camion pour remplacer notre bon vieil Iveco. Ça a mis un peu de temps à se mettre en place du coup on loue un van pour le tour...

Une sortie vinyle est prévue aussi. Un bon vieux serpent de mer mais on va y arriver !!! Ça sera un coffret comprenant les 3 Opposites et un maxi (plusieurs versions d’un même morceau par différents chanteurs) (et...) 2018 ? Ça sera les 20 ans de Be One With the Flames mais on a fait la tournée Epitaph Years, cette année avec la sortie de Escape Alive et du KXLU live 1999...

On devrait ressortir des versions vinyles de Dive et Super Modern World, les 2 albums sortis chez [PIAS] en 1994 et 1996. On était en contrat d’artistes aussi à l’époque avec eux mais [PIAS] est un label qui est toujours resté à nos côtés, un grand merci à eux au passage !!!

Et ça sera les 31 ans du groupe, ça se fête non !!?, lance-t-il tendant la perche à un petit concert spécial dans cet esprit durant l'été... À bon entendeur ???

#violet #punk #Orléans #Pias #YelenMusiques #EpitaphRds #reggae

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