15 août ~ Monovalley ~


l Monovalley l Deception Island e.p. l

La découverte d'un ou d'une artiste n'est possible qu'en fonction de ce qu'il ou elle nous donne à voir et entendre à son public.

Elsa Diot n'est pas une inconnue mais son nom évoque plus ses collaborations et les groupes avec lesquels elle a jusqu'ici évolué, qu'avec son projet solo, Monovalley.

Pourtant, l'envie de s'exprimer par elle-même et pour elle-même remonte déjà à 2006 avec un EP qu'elle a ressorti en janvier de cette année en le retravaillant.

Mon projet a débuté en 2006 avec le 4 titres Deception Island, raconte Elsa.

En standby ensuite pendant 10 ans car j'avais d'autres projets musicaux, puis l'envie de reprendre fin 2016. Quatre autres titres ont vu le jour depuis, glisse-t-elle au sujet de sa page dans les nuages où le mélomane curieux et fan de voix féminine, flottant en retrait de guitares faussement calmes, voire un brin tourmentées creusent des sillons comme l'encre sur les pages d'un carnet où l'on imagine les ratures nombreuses avant qu'elle se déclare satisfaite de ses propres productions.

J'en ai retravaillés certains, surtout le premier, Bright Eyes, pour lequel j'ai complètement changé la mélodie de voix et les paroles, parce que je suis rarement satisfaite, et que je suis capable de retravailler sans fin mes morceaux si je ne m'oblige pas à dire STOP, avoue-t-elle au sujet de titres faits maison, qui brillent par un côté intimiste à souhait.

Mais sur celui-ci, l'ancienne voix me dérangeait vraiment. Pour les autres, les changements sont plus de l'ordre du mixage. Ça ne change pas grand chose (...) Et comme en 2006, je n'étais que sur Myspace et que seule une poignée de CDRs avait trouvé preneurs, je me suis permis de le faire.

Les plus chanceux qui arriveraient à encore écouter de la musique sur un MySpace plus nébuleux que jamais pourront comparer, en attendant, à l'écoute d'Innerman ou The Heart Remorse, l'évidence des mélodies et des structures interroge sur l'injustice qui ferait que Monovalley dût passer après les disques de French Leisure, d'Acetate Zero, récemment réactivé, après les collaborations avec Wilfried*, sur l'album D'ailleurs, ou sur celui de Laudanum, Your Place And Time Will Be Mine, au milieu d'autres invités de haut vol de Matthieu Malon (Laetitia Shériff, Angil, Christian Quermalet, ...).

Pour mes autres projets, Acetate et feu French Leisure, je composais aussi certains morceaux, et cela me laissait moins de temps pour Monovalley. Peut-être aussi qu'au fil du temps, j'arrive mieux a assumer mes compos, et que j'ai envie de faire les choses seule. Sans contraintes, confie celle qui, dès le premier disque d'Acetate Zero, en 1999, touchait à rien de moins que la guitare, la basse, la batterie, sans parler par la suite des piano, xylophone et sampler bien sûr.

Un univers et des textes qu'il nous brûle d'entendre et d'apprécier sur scène, car, se dit-on, si ça tient tout seul sur disque, ça devrait passer sans peine en live.

Alors, pour la scène, peut-être un jour mais il faudrait que je trouve des personnes motivées pour m'accompagner, nuance-t-elle. C'est un pas de plus à franchir. A deux ça serait bien, seule, je ne m'en sens pas capable et les morceaux ne pourrait pas sonner comme je le souhaite.

Il faut comprendre aussi que toutes plaisantes que soient les compositions qu'Elsa offre avec Monovalley, elles restent une musique de niche par rapport à ce qu'on appelle le Grand public, une musique certes enrichissante, mais pas dans les deux sens du terme...

Face à l'évasion artistique, surgit la dure réalité de tous les jours... l'un nourrissant néanmoins bienheureusement l'autre, le plus souvent.

Oui, il y a des moments dans la vie où l'on a plus besoin d'extérioriser ses émotions. Monovalley, c'est un peu comme mon journal intime (...) Et oui bien sûr, les contraintes (boulot, enfant) qui freinent...

En attendant la suite. Enjoy.

#blanc #bleu #autoproduction #noisypop

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