24 juil. ~ Warehouse (99 Project) ~


l Warehouse (99 Project) l Escape Plan Foiled l

Le Warehouse 99 Project avait commencé par s'appeler Warehouse avant que ne soient rajoutés le 99 et le Project, qui lui permettaient peut-être de se démarquer d'une vague chaîne de magasins anglais mais qui en faisait un nom trop long à prononcer et trop complexe à retenir, avant donc de perdre cet additif.

En guise de project, ce fut surtout celui de David Alderman, et ce fut pour le moins plutôt instable, car; aux changements de noms s'ajoutèrent de multiples changements de line-up.

L'expérience aura quand même duré une petite dizaine d'années, sans réel plan de carrière autre que de se faire plaisir et de sortir des disques à l'énergie punk et post-punk très anglaise, ou galloise, si l'on veut s'en tenir aux origines de son chanteur.

David a peut-être voulu croire aux bienfaits de Schengen en termes de musique et de mobilité offerte par la libre circulation des individus, des bienfaits qui donneraient plus de qualité à des groupes mixtes franco-tout-ce-qu'on-veut. Nous aussi. Mais c'était sans compter sur les possibilités réduites de carrière en France quand on fait une musique qui, pour trianguler, sans résumer, oscillait entre Fugazi, Girls Against Boys et Slint *.

Il était à peu près évident que le groupe se condamnait à la confidentialité, jouissive pour les amateurs du genre, mais guère plus qu'une notoriété entre mélomanes avertis, pour une musique de niche hexagonale.

Mais la décontraction du Gallois n'a d'égal qu'un parcours marqué par l'éphémérité des projets qu'il a montés ou avec lesquels il a collaboré. Il y a eu Slowjam, avant son arrivée en France, un groupe passé par une Peel session, à une époque où les sessions de la BBC pouvaient mettre en lumière des groupes dont la radio garderait une trace mais qui n'auraient en réalité pas existé plus de quelques mois. Il y a eu la collaboration avec Zenzile, sur l'album le plus rock des rois français du dub, Living in Monochrome.

David avouait en interview aux radios de la Férarock à la sortie d'Escape Plan Foiled que c'était le disque le plus dur qu'il ait fait depuis qu'il faisait de la musique.... Depuis, un autre groupe hante la musicosphère... The Brave and the Coward, un projet avec un autre personnage tout aussi haut en couleur que lui, en la personne de Brice Pirotais (Hurleurs, Heliogabale, Theo Hakola, Velo…) qui pourrait apparaître comme souffrant du syndrome de Benjamin Button, tellement il n'en finit pas de renaître sans arriver à grandir. Mais peut-être n'est-ce qu'une impression.

La longue parenthèse W99P, dont les derniers épisodes furent mis en boîte par un élève (de plus) de Steve Albini, Lionel Darenne, laissera un mini-album, quelques titres sur cassettes qui traînent quelque part, un 45trs, un EP, deux albums, avec un répertoire autant énergisant qu'il peut être dissonant à certains moments. Des guitares abrasives, quelques vocalises fantomatiques féminines, des lignes de basses tantôt groovy, tantôt à rebrousse-poils et un jeu de batterie schizophrénique.

David, qui se considère, modestement, juste comme un guitariste et un mauvais chanteur, appréhende la musique comme tout sauf un roman. Le principe de base est de délivrer des morceaux qui accrochent, certains plus que d'autres, à la première écoute, mais dont l'appréciation de ceux jugés plus exotiques évolue -favorablement- avec le temps.

Mais quel que soit le titre ou le groupe, il faut prendre cette musique pour ce qu'elle est... une occasion de se faire plaisir de la part de quelques musiciens qui ont déjà vu la roue des styles faire un tour avant tout type de revival et qui se moquent bien des modes.

* oui que des Américains, j'aurais donc peut-être dû dire Gang of Four, The Ruts ou The Stranglers première époque

#violet #punk #postpunk #KarineLarivet #HervéMarché

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