22 mai ~ Da Capo ~


l Da Capo l Oh, my lady l

(*mis à jour le 22 mai avec commentaires d'Alexandre Paugam)

Love d'Arthur Lee a donné au monde de nombreux titres épiques et luxuriant, comme A House is not a Motel... mais Da Capo, simple titre d'album, est devenu le nom d'un groupe bien de chez nous, ou presque.

Look in your eyes commençait comme un album de Divine Comedy chanté par Tim Hardin ou Tom Barman. C'était en 1997. Vingt ans déjà !!

À l'époque, de la même manière qu'Herman Düne nous était vendu comme d'ascendence suédoise, Da Capo, le groupe des frères Paugam d'origines russo-bretonnes était présenté comme venant de Saint-Etienne... avec, en passant une pochette réalisée par Eric Deleporte de Perio. Le monde est petit mais leur maison n'avait rien d'un motel, elle, plus d'une bâtisse vaguement baroque et Art nouveau à la décoration recherchée, colorée et chaleureuse.

Avec Minor Swing, sorti chez le décidément regretté label Lithium, Alexandre et Nicolas montraient une affection pour une sorte de pop acoustique chatoyante avec un talent particulier pour les mélodies simples mais riches, qui contrairement au jazz des VRPs faisait aimer la trompette. Blague à part, chi va piano va sano, et à raison d'un album tous les 5 ans en moyenne, 2017 voit dont l'avènement de leur 5e effort Oh, my lady.

Le groupe a frôlé l'extinction en 2006, avec la vraie fausse publication de leur 3e album, plus tiraillé et tout en souffrance, à une époque où le disque n'était plus vraiment ce qu'il était et où le souvenir des 7.000 ventes du premier disque devait être rangé au rayon des souvenirs et des douces utopies.

La parution de ce disque est un événement en soi puisqu'il signifie aussi que le groupe aura survécu à la diversification de carrières des deux principaux protagonistes, Alexandre composant de plus en plus pour le théâtre et Nicolas se faisant un prénom avec des œuvres en solo.

Oh, my lady, véritable ode à l'amour évanescent de 45 minutes nous parvient débarrassé de toute la rage et de toutes les plaies ouvertes qui transpiraient encore sur Out of Spain. Plus apaisé, pas moins électrique, plus orchestré et orchestral, on retrouve la flamme qui rendaient Minor Swing et The Fruit incandescents.

Il y a toujours eu dans notre musique de la mélancolie et de la violence, ... une écorchure, confie Alexandre, prenant pour l'exemple sa prédilection pour l'univers de Nick Cave.

J'ai toujours défendu cela dans l'art en opposition aux choses lisses et gentilles qui ne m'intéressent pas..et je crois qu'il y a autant de rébellion et de colère dans le dernier disque, mais effectivement peut être plus contenue voire apaisée.

On imagine bien l'influence qu'aura eu l'écriture pour le théâtre sur celle d'Alexandre pour Da Capo qui livre pour le coup ici une pièce en deux actes aux accents de cabaret traversé de Fantômes d'un opéra majestueux et parfois très Lynchien.

Je pense que l'influence de la musique instrumentale est importante sur le dernier album : théâtre mais aussi musique de film, que j'aime beaucoup... précise-t-il, évoquant aussi l'influence d'artistes comme Robert Wyatt ou encore David Bowie, en particulier l'album Low.

Pour l'instrumentation, je n'ai aucune barrière : j'utilise toutes les couleurs de l'orchestre, cuivres, vents, cordes, mais aussi des samples et des sons plus expérimentaux... et beaucoup le piano.

L'eau a coulé sous les ponts, la légèreté folk américaine et les ambiances intimes de musique de chambre ont mué pour embrasser la musique britannique sous toutes ses couleurs, du bleu à l'âme à l'éclat blanc d'un gl-am-our héroïque; en passant par le rouge d'une passion poivrée qui donne au titre de clôture, Violent World, des airs de fanfare d'une association pour cœurs délaissés.

#blanc #SaintEtienne #PuyenVelay #Microculture #NicolasPaugam #AlexandrePaugam

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