18 fév. ~ Françoise ~


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Françoise... Quel drôle de nom pour un groupe qui évoque plus Françoise Mouly que Sagan, et moins Dolto que Dorléac. Mais aucun de ces illustres patronymes n'est en soi nécessaire pour présenter ce trio qui enregistra un disque juste parce qu'il en avaient l'occasion.

Tout a commencé par un simple besoin de tuer le temps associé à l'envie de lutter contre l'amertume qui fait parfois se demander parfois si la musique rock en vaut encore la peine. Cette bonne vieille recette dont nombre de producteurs s'escriment encore à présenter comme la mariée idéale. Ces trois accords poussiéreux que des hordes de post-adolescents usent jusqu'à la corde sans toujours toujours en tirer quelque chose qui s'approche d'une quelconque substantifique moëlle.

Les choses sont différentes avec Françoise. Ils pourraient être parisiens ? new-yorkais ? moscovites ? Ils sont surtout rock'n'roll en ce sens que ce n'est ni l'urgence, ni la célébrité qui les poussèrent à enregistrer ces douze titres, juste une certaine forme d'oisiveté pro-active. Grand bien leur en prit.

Le résultat ressemble à du Cassavetes plus que du Warhol. À moins que ce ne soit juste le contraire. À moins que ce ne soit juste juste un bon disque comme on en rencontre peu, écrit sous emprise ou sur un coin de table, de console, de boudeuse... en tout cas avec une nonchalance certaine, presque par inadvertance...

Jean-Pierre, Jean-Jacques et Raige possèdent une verve musicale, une inspiration qui transporte, soulève, révèle un Eden pas perdu pour tout le monde... Une musique, de référence pour certains, éculée pour d'autres, réécrite, sans rature ni bégaiement.

Dear, encore un titre bien trouvé... cher, précieux, adorable, charmant... un mot quatre traductions ? De la musique aux oreilles, pour le plaisir, après le leur de toute évidence. Un plaisir qui transpire tout au long de cette heure avortée de titres qui se suivent me ne se ressemblent et qui pourtant définissent un tableau cohérent dont je ne me lasse pas.

Un album à la croisée d'un psychédélisme dandy et d'une génération X-rated... de la Mécanique d'une orange et du désir de Grosse pomme... faisant le pont entre Greenwich et Brooklyn.

#blanc

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