24 jan. ~ Yeti Lane ~


l Yeti Lane l Echo Show l

The Echo Show de Yeti Lane est un peu un album parfait. Pas forcément un album concept, mais presque.

Posé, cinématographique, multicouche, il s'apprécie différemment selon l'humeur. Une écoute peut séduire par son approche atmosphérique à base d'électro renforcée de guitares tandis qu'à une autre occasion c'est le côté guitare-batterie auréolé de nappes et d'électro qui semblera être le fil conducteur.

Les quatorze titres s'enchaînent jouant avec le temps et ses distorsions, sept minutes en paraissant quatre ou l'inverse, tellement les titres sont riches en sonorités, avec un attachement particulier au rendu du son et au travail des couleurs.

Pas grand chose à faire, juste absorber et laisser le groupe prendre les commandes et nous emmener en voyage, une Space Odyssey aux allures de Space Opera, Ben et Charlie évitant systématiquement le piège du trop long ou de la redite.

Fans de vieux instruments, guitares et synthés, ils se sont bien trouvés, comme on dit... Qui ils ? Antoine Gayet et le groupe ! Avec une quasi obsession pour le son, de la note au traitement final en passant par son parcours dans les câbles.

Même le silence y trouve une sonorité toute particulière.

En terme de voyages et d'odyssée, le groupe adopte le principe de la lente et perpétuelle évolution. De la pop du 1er album en tant que Yeti Lane, forts de leur passé et de leur vécu en tant que Cyan & Ben, avec le départ de Cyan, puis de Loïc, chaque étape, chaque page écrite est une nouvelle aventure jusqu'à l'adoption du français sur leur dernier album sorti en 2016 et dernière référence de feu le label Clapping Music -disponible comme The Echo Show chez les anglais de Sonic Cathedral.

Leur electro pop psychédélique est un vrai régal qui trouve un chemin et sa place dans un triangle Grandaddy, Spacemen 3/Sonic Boom, School of Seven Bells, les deux derniers offrant un remix dans la version rééditée deluxe. Mention spéciale à Faded Spectrum et Sparkling Sunbeam, sur lequel est invité David Ivar d'Herman Düne.

Le disque atteint des sommets avec Alba, sorte de balade en apesanteur qui ferait penser à Jed the Humanoid ou à une traversée du désert d'Atacama et ses étendues désertiques à quelque 4500m d'altitude.

De fait, le titre est un clin clin à un artiste contemporain, ou plutôt l'objet de son art, un lapin génétiquement modifié pour qu'il brille dans l'obscurité, un petit animal qui n'avait rien demandé et à qui l'on a fait subir, au choix, le génie ou la folie de la science et de l'art réunis.

Cette presqu'obsession pour le rendu des choses pourrait faire craindre craindre la restitution sur scène mais ils y passent l'examen haut-la-main, comme ils l'encore montré lors un récent concert à Petit Bain, poussant un peu Charlie à jouer les tours de contrôle entouré de claviers, d'éléments de batterie... Le passage au live s'effectue d'autant plus facilement qu'ils ont tendance à composer en conditions de live, entourés de tout leur matériel... un confort au prix d'un sacrifice en termes de place :o) mais il faut savoir ce qu'on veut.

A noter que l'édition deluxe offre en plus trois inédits qui auraient pu trouver leur place sur l'album, mais auraient gâché le plaisir d'auto-célébrer ce disque et et de le ressortir un an plus tard.

#blanc #bleu

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