14 jan. ~ Mina May ~


l Mina May l Everything was Beautiful and Nothing Hurt l

Quel gâchis.

Cet album date de 2011 ! Ces Toulonnais s'étaient savamment exilés au Canada où ils avaient enregistré ce petit chef d'œuvre au titre tellement beau et évocateur qu'ils décidaient de ne pas y donner suite.

La pochette en elle-même est tout un symbole... Mais lequel ? On en a bavé pour le réaliser ? ou Attention tu risquerais d'y laisser les doigts, ou la main... La seconde certainement car l'histoire veut que tout ait été mis en boîte en quelques trois semaines et demie.

Pour ce qui est de mes doigts, je les ai mangés dès la première écoute... à la faveur de ce que les chirurgiens appellent le phénomène du membre fantôme, je suis encore aujourd'hui capable de remettre le couvert jusqu'au dernier métacarpe, à chaque écoute...

Un groupe français donc, oui français, qui sort un album où les titres font la longueur qu'ils veulent (entre 2'24 et 6'07 - manquerait plus que le musicien décide).

Un groupe français qui entame un disque avec un titre à la Suuns (The Seven Spirits), qui poursuit avec un autre à la Clinic (Not Really No).

Facile, le timbre voix aide à faire le lien entre les trois sommets de ce triangle des Bermudes pour fans de musiques un brin psychédéliques.

Ils enchaînent avec quelques œillades à The Flaming Lips (New Flesh For All), et Jane's Addiction (Wisdom City)...

Arrivé à ce stade de lecture d'un tel plébiscite, plus besoin d'écouter le disque ! Vous voyez très bien le tableau, j'imagine... et puis de toutes façons le groupe est mort, donc trop tard.

Pour autant, c'est à ce stade du disque que ces goujats magnifiques sortirent de leur escarcelle le titre qui donne son nom à l'album Everything was Beautiful and Nothing Hurt... un titre qui vous ouvre proprement en deux, ou vous fend le coeur, hein César ? Un titre audacieux, épique, déchirant de détresse et de passion... et dont les trente dernières secondes élargissent encore un peu plus l'éventail des styles en convoquant, disons, the Oscillation.

C'est simple ! Comment se lasser d'un album qui vous balade autant au choeur d'un panthéon musical irréprochable. Âmes sensibles ou épileptiques, s'abstenir de Nails On Stainless Steel, mais Rising Sun, sous ses faux airs de Beach Boys ou 13th Floor Elevator sous acide (pléonasme ?), vous remettra dans le chemin avant un final à la Can ?

S'il fallait nuancer ce dithyrambe, j'oserai dire que le titre le plus faible est Think Twice, vous savez ce titre où, pied au plancher, les claviers disputent le lead à des guitares débridées, lancées qu'elles sont elles-mêmes à la poursuite d'une voix stratosphérique qui nargue tout ce petit monde et vous laisse avec votre petite mort sur la conscience, imposant un fade out cavalier, comme s'ils n'avaient pas su comment remettre le couvercle sur tout ça !

En temps normal, et pour faire court, il fut un temps où ce disque aurait été belge.

Vous restez bien entendu libre de vous laisser aller à la même débauche de name dropping en copiant-collant votre propre répertoire de prédilection en lieu et place de tous ces drôles de nom d'artistes mentionnés sans ambages ci-dessus et qui ne sont là que pour la déco (ou la frime).

Au fait ! Le groupe s'appellait Mina May, et Everything was Beautiful and Nothing Hurt était leur 2e album.

C'est un groupe mort.

Quel gâchis.

#blanc

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Patrice Mancino

French-o-rama, 365 disques qui ont marqué mon parcours d'insatiable fan de musique(s), né avec la radio FM et devenu programmateur de radio indépendante obstinément défricheuse. 

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