26 août ~ Polnareff


l Hommage/Tribute à Polnareff l

L'artiste, son tempérament, sa personnalité, son talent... L'histoire de la musique regorge de profondes histoires révélant les gouffres qu'il peut exister entre la scène et les coulisses... mais quand l'oeuvre finit par s'imposer comme incontournable, que la passion de l'hémisphère droit finit par s'imposer au scepticisme du gauche... il convient de s'incliner et de considérer les choses pour ce qu'elles sont... de l'excellent musique. On finit alors par apprécier l'oeuvre de l'Artiste en faisant fi du reste.

S'incliner, aussi, il le faut, devant cette impressionnante liste de reprises qui donnent la mesure du talent et/ou du tour de force des hommes qui eurent l'idée de ce bottin alter-mondain pour rendre hommage à Michel Polnareff, et finirent par arriver à la faire exister... à en croire les mots de l'un de ses instigateurs... Bertrand Burgalat.

Le projet débute à l'automne 92, avant d'être mis au frigo pour des problèmes de relations artiste/label, raconte le fondateur du label Tricatel dans le livret accompagnant le tout. Sept ans plus tard, le projet sortira enfin avec un disque Tribute et un autre Hommage, sorti chez feu XIII bis records.

J'avais fait une croix sur tout ça, piteux d'avoir sollicité des gens impeccables pour une aventure minable. J'en parlais parfois lorsque je dressais l'inventaire de mes déconvenues musicales. Matthieu Grunfeld et Mehdi el Jaï se proposèrent de prendre le relais. Ils ont complété judicieusement ces enregistrements par de nouvelles dé-compositions.

Devenue rare, cette double compilation est à la hauteur de l'admiration internationale portée à cette figure de la chanson française aux fameuses lunettes carrées et à la non-moins fameuse toison d'or, dont la Poupée qui fait non a même été reprise par Jimi Hendrix.

Si les termes de polémique et provocation émaillent chaque recoin de son oeuvre, ils en ont fait un personnage incontournable avec un grand P et un grand I. La liste des artistes autorisés à figurer au tracklisting final est toute aussi polémique que bluffante, laissant à l'auditeur le soin de juger de la pertinence des directions choisies.

Pour autant, tout y est, le dandy magnifique, entre Pulp, Marc Almond et Louis Philippe, le souffre et l'anti-conformisme avec Pascal Comelade et The Residents, les références de songwriting (Bill Pritchard, Jacno, Nick Cave), et un talent pour les mélodies pop classiques comme dézinguées (Saint Etienne, Pizzicato Five, ...), sans parler de la version lunaire du Bal des Laze par François Pigalle Hadji-Lazaro et la participation de Blaine Reininger et Steven Brown de Tuxedomoon, le premier reprenant Fame à la Mode et le second Sous quelle étoile suis-je né ?

Ce Who's Who ne rend que justice à celui qui a travaillé, au fil de sa carrière, avec une liste insensée de musiciens et d'arrangeurs... Jimmy Page et John Paul Jones*, futurs Led Zeppelin, Herbie Flowers (T-Rex, Bowie, Lou Reed, ...), Hans Zimmer, Michel Colombier (Messe pour le temps présent, Bonnie and Clyde, Requiem pour un con, L'Aigle noir,...), Mike Oldfield, parce qu'il le voulait et parce qu'il le pouvait...

... et a enregistré à Abbey Road en quadriphonie, parce qu'il le voulait et parce qu'il le pouvait...

Mis à part sa discographie, le reste de sa carrière est un roman de tromperies, de hauts et de bas, de fuites et de luttes contre la culture bien pensante, taillé pour le grand écran et un sujet de biopic... pour autant que le principal intéressé y consente.

* sur le titre La Poupée qui fait non (1966)

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