27 jui. ~ Jean Louis ~


l Jean Louis l Uranus l

Ambiance moite et furieuse dans une cave de Belleville, au centre de laquelle rugit un volcan de notes en fusion propre à faire fuir ce fan qui s'exclame au passage... J'adore mais là... il y a trop d'informations.

C'est un peu ça Jean Louis, oui. Une approche radicale, dense, et d'un jazz dépassé par les propres règles qu'il s'est définies. Ce qui n'est pas vraiment exact, puisque les limites sont souvent établies pour mieux être dépassées, surtout pour qui bénéficie d'origine latines, mais ceci est un autre débat, n'est-ce pas ?

Ensemble, Aymeric Avice, trompette, Joachim Florent, contrebasse, et Francesco Pastacaldi, batterie, font du jazz comme Headwar fait du rock, ou le contraire.

Aidés de quelques effets pour pimenter le tout, c'est encore -et surtout- en live qu'il faut découvrir et apprécier les performances de ce Jean-Louis-là. C'est la pulsation permanente et sous-jacente qui prend -ce qu'il faut bien appeler- un public averti par les oreilles et les balade en transe dans les méandres d'une mythologie fourchue.

La sortie des labyrinthes sonores qu'ils proposent ne se révèle à l'auditeur qu'au bon vouloir du trio parisien qui pourra décider de faire durer l'expérience soixante à cent vingt secondes ou -plus fréquemment- cinq, huit, dix minutes.

Il serait amusant de trouver trace de la tête du jury de Jazz à la Défense, qui leur accorda tout de même le 2e prix en en 2007. Depuis, ce triangle des Bermudes de la musique populaire a plus souvent qu'à son tour exporté son répertoire pour aller bousculer de-ci de-là quelques conventions aux Etats-Unis, en Angleterre, au Japon, …

Moins à l'aise avec la diffusion de leur musique enregistrée, qui pourrait leur en vouloir, personne ne s'étonnera de ce qu'ils se soient rapprochés de gens ayant de la sphère des mêmes Headwar, Shub ou les Têtes raides (Morse, 2010). Si leur premier album éponyme et auto-produit remonte à 2008, la suite au troisième, Uranus (2013), devrait être enregistrée en janvier pour une sortie en mai, confie Aymeric.

Le sur-activisme n'étant pas un défaut dans la sphère des musiques improvisées, qui relèvent par essence du spectacle vivant, les accrocs de la dématérialisation et de la consommation sédentaire de la musique en sont donc condamnés pour l'instant à se satisfaire des quelques traces digitales existantes. Entre temps, il faudra se contenter de leurs multiples implications dans des projets annexes, comme le Circum Grand Orchestra, d'Aymeric, également aperçu en 2003 dans les rangs du Fantazio Gang, tandis qu'il est à noter que Francesco, outre des collaborations avec Akosh S ou l’ensemble contemporain Quatuor Béla, a notamment contribué à deux albums de Cheveu, et Joachim officie dans le MeTaL-O-PHoNe, et dans Radiation 10, aux côtés d'Aymeric.

#rouge #freejazz #experimental

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