08 jui. ~ The Limiñanas ~


l The Limiñanas l Malamore l

En huit ans, The Limiñanas ont fait le tour de la planète, ou presque, inspiré le respect des plus réfractaires ou intégristes critiques de la planète musique, décidant un beau jour de larguer les amarres, ou presque, de leur port d'attache de Cabestany, ou plus précisément en l'occurrence de leur garage.

Certes, le tour de la planète est un peu exagéré, mais à l'échelle de la sphère rock'n'roll garage, ce raccourci semble acceptable dès lors qu'un groupe arrive, français de surcroît, à émerger en un temps record en commençant par le pays qui semblait n'avoir rien à apprendre de qui que ce soit dans ce domaine.

Quatre albums partis de rien, de quelques chansons publiées dans l'espace insondable de ce que fut MySpace. On pourrait parler d'erreur mais pas de casting au regard du véritable twister* de collaborations connues et à connaître, couchées sur vinyle et lits d'octets, depuis le tout premier I'm Dead.

Qu'ont-ils fait, que d'autres n'ont pas su ou pu faire ? Les HushPuppies avaient la qualité et la prestance pour aller séduire au-delà de nos frontières, mais ils étaient cinq et se cantonnaient à l'anglais... hormis une face B sur la série de 45trs du Pop In. Et que dire de Yeah ! et La Grande musique des Little Rabbits qui avaient cet esprit pop 60's mais peut-être trop uptempo et pas assez je-ne-sais-quoi pour incarner la nostalgie fantasmée d'un Lucien Ginsburg et de ce que furent les années 70 en France et telles que les voient les États-Unis.

En tout cas, la force de Lionel et Marie Limiñanas est d'avoir synthétisé un ovni sonore yéyé psychédélique à grands coups de guitares fuzz, percussions, textes référencés, tambourin et voix suaves et nonchalantes.

Peut-être est-ce ce qu'Antoine Gaillet évoquait au sujet de M83 et de la réaction d'adhésion au pays de Grateful Dead et 13th Floor Elevators face à une proposition musicale qui ne cherche pas à copier ce qui s'est déjà fait mais qui assume une identité purement française et qui trouve donc une place naturelle et authentique dans un pays où le nom de Gainsbourg fait surgir des étoiles dans les yeux des connaisseurs de culture européenne de la Nouvelle Vague et du cinema italien.

Un bémol, néanmoins quand dans une interview, un artiste californien ayant repris le titre Contact m'avoue ne pas savoir que ce qu'ils reprennent a été écrit par l'homme à la tête de chou. Mais en soi, cela reste toujours moins grave que les teenagers qui s'insurgent qu'un groupe de vieux croutons en mal de reconnaissance comme The Who osent demander réparation pour plagiat au groupe post-pubère One Direction.

Si quelques rares reprises de-ci de-là de Brian Wilson ou d'Ellie Greenwich/Jeff Barry contribuent à les détacher d'une étiquette yéyé qu'ils ne goûtent pas particulièrement, on aurait peut-être pu se passer d'une entrée en lice d'un Peter Hook, qui certes fait une vague référence au punk anglais qu'ils affectionnent, mais qui apporte beaucoup moins que n'importe laquelle des collaborations ébouriffantes de leur ami de longue date Pascal Comelade.

Espérons juste que l'arrivée dans l'équation d'un hydre aux dents longues, qui a tendance à laisser ses interlocuteurs avec leurs seuls sous-vêtements, ne viennent pas pervertir l'histoire de ces enfants cachés de Mélody Nelson et Tommy Hall, ou de Jacqueline Taieb et Jerry Garcia, qui ont jusqu'ici réussi à faire simplement ce qu'ils voulaient, et à marier une insouciance pop sixties en transposant un format Salut les Copains aux tunnels de transe psychédélique remis au goût du jour par the Black Angels et autres Wooden Shjips.

C'est important de préserver l'insouciance, n'est-ce pas ? Comment ne pas s'amuser et sourire benoîtement à l'écoute des thèmes choisis à chaque chanson, que Marie et Lio persistent à ne pas vouloir interpréter eux-mêmes dans la plupart des cas, pour le plus grand bonheur de leurs nombreux invités ? Comment ne pas saluer la prestation de Nika Leeflang qui prend micro et tambourin sur scène ? Comment ne pas se laisser porter par cette vague sourde et lancinante d'une musique qui traverse les âges et transporte les coeurs sans faire cas des frotnières.

* tornade, twister, twist, vous l'avez ? oui pardon, désolé

#vintage #FR #Perpignan #HozacRecords #TroubleinMindrecords #yéyé #popsixties

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