28 nov. ~ TLRVT ~

November 28, 2017

l TLRVT l Aronde l

 

Cinq lettres énigmatiques avec des envies musicales particulières autant que singulières en termes d'émotions que le quatuor cherche à transmettre.

 

La chose la plus importante c'est que rien ne prenne le dessus sur le reste, explique Adrien Brunel. Nous avons fait le choix de ne pas avoir de chant pour ne pas avoir piste lead à l'écoute.Je vois ça comme une prise de risque qu'il n'y ait rien qui ressorte, que l'auditeur puisse porter son attention un peu partout en même temps. Je veux que le tout soit le plus organique possible, explique-t-il. D'autres le font depuis longtemps bien sûr, donc on n'avait pas mal de choses sur lesquelles s'appuyer.

 

[ Je ne cite pas trop la France mais pas mal de groupes d'ici m'ont influencé également... ]

 

Il ressort du premier 4 titres une forme de douce invitation au voyage... au hasard ou presque, entre Chicago et le Japon ?

 

Si ça vient de ma bouche ça va faire prétentieux, mais j'espère que ça invite à l'évasion oui, avoue le guitariste. D'où le besoin de ne pas porter son attention à un chant ou des paroles.

 

Pour les envies de voyage, je ne connais pas encore le Japon mais la scène mathrock (ou similaire) est incroyable, Toe pour ne citer que les plus connus c'est un groupe qui ne me quitte pas, dont je ne me suis jamais lassé, c'est vraiment quelque chose qui me parle.

 

Chicago pour moi c'est différent, il y a un nombre incalculable de groupes hyper talentueux qui viennent de là-bas et qui ont pu m'influencer. Des groupes mathrock dingues jouent au bar du coin. Je suis plus impressionné par le dynamisme de leur scène que je n'aspire à leur ressembler. Je ne cite pas trop la France mais pas mal de groupes d'ici m'ont influencé également... Microfilm, par exemple, je les mets au même niveau que Toe.

 

Né, pour le coup, quelque part entre Clermont-Ferrand et Paris, le jeune groupe n'en est pas à ses premières armes pour autant, ni à son premier nom d'ailleurs, délaissant un nom de star hollywoodienne scientologue* pour cinq lettres mystérieuses...

 

Perso j'ai beaucoup joué jeune, entre 2002, j'avais 17 ans, et 2010 à Clermont-Ferrand, dans divers groupes un peu violents, raconte le guitariste. J'ai rencontré Jérémy comme ça en 2005, avec qui on a eu quelques groupes - on trouve encore des traces de DR RAVIOLI - puis on a surtout fait de la session et du studio pour le compte d'autres artistes.

 

Je suis venu à Paris ensuite en laissant un peu la musique de côté, il est resté batteur de studio et sessions (...) À Paris, j'ai rencontré Rémy (Indipendenza) qui jouait dans son coin mais qui avait plein d'idées. Il m'a remis le pied à l'étrier fin 2014, se rémémore Adrien. On a commencé ensemble comme ça, avec Antoine (Deprez Segobia). Ils étaient déjà potes.

 

[ Je suis justement lassé d'entendre la course à la technique...

du tapping dans tous les sens et des mesures en 31/16 ]

 

Cette année, on a décidé de se consacrer principalement au groupe, impliquant que nous avons dû changer de batteur, ce qui est sûrement aussi difficile que banal (...) Jérémy a enregistré pour nous les pistes batterie du prochain EP. On était tellement content de bosser avec lui qu'on a décidé de continuer avec lui. Ça fait un groupe entre deux villes mais ça marche bien.

 

(Pour le nom), on y pensait déjà pour des raisons de droit et de visibilité via les moteurs de recherche. D'autant que le nom d'origine n'était pas spécialement un hommage à l'acteur mais plus le résultat de plusieurs brainstorming infructueux, concède-t-il.

 

Et d'ajouter... la relation entre les membres d'un groupe, à mes yeux, a un vrai côté affectif, en nous séparant de (Julien), j'avais clairement l'impression de le déposséder de son travail. Donc effectivement, changer de nom à ce moment précis ça aide à passer à autre chose.

 

Par extension, au-delà du désordre mis dans les consonnes, la suppression des voyelles colle surtout agréablement à l'aspect sans parole de leur musique. 

 

Je n'ai pas d'explication rationnelle quant à l'ordre des lettres (...) Bien vu pour les voyelles, une explication un peu poétique à laquelle je n'avais pas pensé.

 

Poésie, le mot et lâché, car affublés d'une étiquette mathrock qu'ils n'auront pas complètement choisie, la compétition sur cette scène foisonnante ne France est rude... pour autant, à écouter TRVLT, il est presque difficile de considérer que c'est ce qu'ils font tellement flotte un parfum pop, dans la construction autant que dans la longueur des titres. Aïe pas taper.

 

Pas taper, bien au contraire tu me fais plaisir. Je suis justement lassé d'entendre la course à la technique, du tapping dans tous les sens et des mesures en 31/16. Je pense à Chon, beaucoup trop de groupes essaient de sonner comme Chon.

 

Ils sont peu à bien le faire, tranche-t-il. Si tu écoutes Dr Ravioli dont je parlais, avec Jérémy, on a fait ça plus jeune, mais j'ai vraiment envie aujourd'hui que l'écoute soit naturelle, plus abordable. Simplement pour briser la monotonie de l'instrumental et parce que j'aime l'effet en live, on a pas mal de mesures composées, mais ça reste toujours discret. 

 

On se range dans l'étiquette qu'on veut bien nous donner mais la pire bêtise qu'on pourrait faire c'est d'obéir aux codes d'un style musical. Je suis aussi très influencé par la musique pop, je suis gros fans d'Alvvays, Nada Surf, Beach House, par exemple.

 

je préfère produire (...) peu est bien...

que beaucoup et mal ]

 

En attendant, une deuxième livraison, de trois titres, sous le nouveau nom, TLRVT donne l'impression d'avoir le processus de gestation un peu lent, si ce n'était le changement de line-up. 

 

Le changement de line up serait une mauvaise excuse. En 2/3 répètes c'était réglé !

 

Il y a plusieurs raisons plus ou moins bonnes. Je compose seul et j'ai vraiment été absorbé par le boulot cette dernière année, d'où le besoin de quitter le taf, j'avais plein de choses enfouies en moi que je ne demandais qu'à exprimer et je n'avais ni le temps ni les moyens matériel pour ça.

 

Deuxièmement, tant qu'on s'autoproduit, ça coute cher, je préfère produire, dans le sens enregistrer les morceaux, peu est bien, tant que possible, que beaucoup et mal. Même si le groupe venait à être produit avec des moyens, j'aimerais peut-être autant sortit un EP par an qu'un gros album tous les 3 ans.

 

On a pas mal de choses en suspens qu'on n'a pas voulu ou pu enregistrer. De nouvelles chansons qu'on dévoilera en live peu à peu sûrement.

 

 

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Patrice Mancino

French-o-rama, 365 disques qui ont marqué mon parcours d'insatiable fan de musique(s), né avec la radio FM et devenu programmateur de radio indépendante obstinément défricheuse. 

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