06 oct. ~ Lo'Jo ~

October 5, 2017

l Lo'Jo l Fonetiq Flowers l

 

Il n'y a qu'une manière de prendre un nouvel album de Lo'Jo, comme un cadeau, comme un coffre magique rempli de surprises, comme autant d'invitations au voyage que le groupe a glané au cours des siens. 

 

De fait, ces fleurs phonétiques parlent la langue des musiques entendues sur la route, un disque enregistré grâce à un studio mobile pour raconter et chanter les cartes postales glanées en Géorgie, au Togo, au Bénin, en Chine, en Louisiane, en Corée, au Mali et à Mûrs-Érigné... avec une nouvelle fois le Belge Jean Lamoot* à la réalisation.

 

Lo'Jo est une maison bleue, une fontaine sur la montagne, un cabaret itinérant aux portes battantes, comme le coeur de toute la poésie qui l'habite, celle des mots autant que celles des voix portées par les membres du groupe et leurs instruments... mais pas seulement. Car le cercle de la famille Lo'Jo, dont les contours ont varié au fil du temps, au fil des saisons, a plus eu tendance à s'agrandir qu'à se réduire au fil des albums et des rencontres... 

 

Les valises et les placards ont d'ailleurs été mis à nu le temps d'une exposition au Grand Théâtre d'Angers, intitulée Atlas d’un éphémère.

 

[ un groupe qui donne tout son sens à l'étiquette de musique du monde ]

 

Il y a bien entendu les voix des soeurs Yamina et Nadia El Mourid, le violon de Richard Bourreau, et Denis Péan, au timbre si caractéristique, Monsieur Loyal du verbe, poète croque-mots exquis.

 

Avec Fonetiq Flowers s'ajoutent à la longue liste d'invités à la table commune, Eric Truffaz, Albin de la Simone et le plus américain des Helvètes, Max Usata de Puts Marie, un trio de noms qui côtoient désormais, entre autres, Archie Shepp, Magik Malik, Vincent Ségal, Ibrahim Ag Alhabib de Tinariwen, René Lacaille, sur le livre d'or de leurs 35 ans d'histoires.


La machine est huilée et douce, convoque le jazz, la valse, la cumbia, la chanson avec un grand C, les polyphonies eurasiennes, les cordes andalouses, sur des fondements plus rock qu'il n'y paraît.

 

Dans cette mag(nif)ique auberge espagnole, on chante le français, l'anglais, l'algérois, le japonais, quelque langue inventée tandis les murs portent les portraits surréalistes d'un Tom Waits, d'un Robert Wyatt, et certainement aussi celui de Leonard Cohen, puisque le titre d'ouverture Fonetiq pourrait sans peine avoir été écrit pour lui. 

 

Un mot d'anglais pour finir, un mot dans la biographie de l'un des fils d'un des rois d'Afrique, Fela Kuti, a déclenché un torrent de sens... un simple mot, cinq petites lettres au détour d'une phrase... paean... qui signifie péan, nom masculin signifiant chant de louange, autrement intimement lié à la notion de guérison. Le saviez-vous ?  En somme, un mot qui porte à accepter qu'il y a plus de sens aux choses qu'il n'y paraît ou qu'on le voudrait, et c'est bien là toute la richesse qui nous est offerte à chaque retour de piste d'un groupe qui donne tout son sens à l'étiquette de musique du monde. 

 

 

 

 * réalisateur de titres pour la Mano Negra, Alain Bashung, Salif Keita, Noir Désir, Girls in Hawaii, Dominique A, ...

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Patrice Mancino

French-o-rama, 365 disques qui ont marqué mon parcours d'insatiable fan de musique(s), né avec la radio FM et devenu programmateur de radio indépendante obstinément défricheuse. 

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