24 août ~The Name of the Band


l The Name of the Band l

Voilà un super nom de groupe ! Voilà un super groupe ! Dans tous le sens du terme...

Un mystère dans le mystère, qu'il fallait percer...

Derrière un nom comme ça et surtout derrière ce joli mur du son -personne ne saurait mieux faire que The Thugs, donc forcément second, non ? emoji wink-...

...mais à l'écoute, on se prend à imaginer des membres des Thugs, justement, tant qu'à faire, Treponem Pal, LTNo, Dum Dum Boys, Oslo Telescopic pour la part de mystère, Dead, Deity Guns,... et s'ils étaient anglais on chercherait du côté de Girls Against Boys, Jesus and Mary Chain, Helmet, White Zombie, Sonic Youth, My Bloody Valentine, ... vous voyez le tableau ou plutôt le calendrier qui voit leur page feu de camp comme le compte dans les nuages s'enrichir régulièrement de titres, un par mois ou presque, toutes les quatre à six semaines, nous confie-t-on...

The Name of the Band a réussi à délivré jusqu'ici près de 40 titres ! Trois ans de livraisons... avec une volonté non dissimulée de frustrer l'auditeur en diffusant uniquement une chanson et une pochette.

À la mi-août, The Name of the Band sortait de résidence, non pas pour préparer de nouveaux titres mais pour passer à la phase concert. La préparation a eu lieu dans un endroit qu'ils qualifieront de paumé (…) au fin fond du Finistère Sud, isolés de tout et du réseau.

Derrière ce rideau de mystère se trouve Bernard Marie qui officie néanmoins avec ou aux côtés de multiples projets, en tant que membre, ou à la console... Dead, Maria False, The Name of the Band, donc mais aussi Soon, She Said, Giirls...

… et comme il lui restait un peu de temps pour s'amuser, il a commencé à développer ce projet en formule studio, avec des collaborations, explique celui qui sait jouer à peu près de tout, sauf des vents, et qui refusera le qualificatif de suractif.

En fait, The Name of the Band tient plus du laboratoire de longue date, intermittent mais permanent, plus que de la soupape pour des titres qui ne conviendraient pas à ses groupes habituels.

Oui c'est à peu près ça. Mais ce projet est pour moi le plus ancien et le plus fourni -plus d'une centaine de titres en réserve.

Les diffuser régulièrement est une sorte de test. Beaucoup de choses dans ce projet sont de l'ordre de l'expérimentation et notamment la diffusion des morceaux. En gros, ce qu'on ne fait pas dans mes autres groupes.

Écouter à la volée les titres de ce serial compositeur fait ressortir un aspect ludique présent dans toutes les compositions, comme le ressenti d'une envie communicative de se faire plaisir en concoctant des petits plats à la maison... pour, dit-il remettre en cause des éléments du format rock.

The Name of the Band, comme son nom l'indique, c'est une démarche abstraite, avec de la distance, précise-t-il, une démarche à laquelle Bernard associe en fonction des opportunités des musiciens essentiellement issus du supra collectif nøthing, dont il arrive que les membres ne se connaissent pas forcément mais qui se retrouvent dans des valeurs communes d'entraide et de partage, ne serait-ce que de ressources.

The Name of the Band remet surtout en cause le précepte du format de diffusion... du format de l'album aussi devenu effectivement subjectif et optionnel en fonction des styles de musique...

On remet aussi en cause l'imagerie, les vidéos, les dossiers de presse, les photos de nos gueules… à l'heure du selfie, ne pas montrer sa gueule c'est presque de la provoc. Et à vrai dire, les membres d'un groupe maintenant c'est ceux qui ont les codes admin du bandcamp et du soundcloud ! tranche-t-il.

Il ressort également de ce flot de titres une homogénéité de son, d'architecture des morceaux et de production, et ce malgré une écriture étalée dans le temps. Et pourtant, contrairement à ce que l'on pourrait penser, les titres ne sont pas publiés de manière chronologique...

Pour tout dire, il existe un morceau n°0, le tout premier morceau nommé Way to the sun, jamais diffusé, qui sert de référence. On tourne autour de ce morceau, il sert à valider les choix. Ça sera aussi le dernier morceau diffusé, quand on aura le sentiment d'avoir bouclé la boucle.

En définitive, ce que l'on pourrait appeler un concept d'étalonnage référentiel fait peut-être écho à l'impression donnée par un lecteur numérique en mode random qui semble enchaîner intelligemment les titres... une sensation, une explication, voulue voire recherchée par l'esprit humain, disent certains spécialistes, alors que la solution se trouve en fait du côté de la sélection de morceaux mis dans ce lecteur qui ne sont ni plus ni moins qu'une sorte de sélection de morceaux de prédilection, une sorte de Best of qui, même en mode aléatoire, a toutes les chances de satisfaire celui qui les a lui-même choisis...

En tout cas, il serait bien difficile d'essayer de deviner dans quel ordre les titres ont été mis en boîte par quelqu'un qui appartient de toute évidence à cette catégorie d'artistes qui se couchent le soir et se réveille au petit matin avec une pile de chansons en tête.

Oui, c'est un peu ça. Le procédé de création est aussi très rapide, avoue Bernard.

Alors que nombre de groupes seraient bien heureux de sortir plu souvent des titres de l'acabit de The Name of the Band, modeste, il précise que... le son (est) toujours à mi-chemin de la maquette et d'un truc vraiment produit - en y passant du temps. Le son n'a pas beaucoup d'importance il faut que ça aille vite.

Une philosophie qui rejoint en cela deux vieilles interviewes de Robert Pollard et plus tard de mister Franck Black qui confirmait les dires du premier... quand une chanson a dit ce qu'elle avait à dire pourquoi rallonger la sauce ? si elle doit durer 1'30 ou 2'20, so be it!

Une façon de parler de ce fossé qui se creuse entre ce que le musicien et le technicien veulent mettre dans un titre et ce qu'entend l'auditeur... surtout en fonction du système sur lequel il l'écoute. L'esthétique musicale d'un son peut être justement de ne pas en avoir... de rester sur une honnêteté et un son plus brut, plus instinctif...

Oui, et le fossé se creuse, acquiesce Bernard. Je mixe pas mal les autres pour savoir que (…) à partir du moment où on est derrière une console on triche.

Je pense (…) que tout le monde s'en fout... ou devrait. Le son ce n'est que du vent.

Sachant que, d'expérience, vu de l'extérieur, et sans battre en brèche le fait qu'un processus de création gagne à être réfléchi et inspiré autant qu'il est jouissif d'observer la maturation d'une chanson à sa version définitive, il arrive très fréquemment que le temps passé sur une chanson, entre sa naissance et sa version publique flirte avec l'obsession et le perfectionnisme.

C'est exactement ça. Par expérience, je sais que le plus dur avec la musique c'est de garder les premières intentions, explique Bernard. D'où l'intérêt d'avoir un process rapide.

Il y a quelque chose sur le format rock and roll qui fait aussi qu'on ne peut pas y passer du temps sans alourdir le propos. Il faut que ça reste jeté, quitte à être maladroit, conclut-il.

Le collectif Nøthing s'est lancé dans l'aventure de l'organisation d'un auto-festival dont la présence à l'affiche de he Name of the Band pour la prochaine édition est ce qui a déclenché le besoin de travailler le répertoire conséquent du projet d'une manière différente...

L'idée n'est pas de tourner, on a déjà tous d'autres groupes et pas forcément beaucoup de temps, souligne Bernard qui ajoute... J'ai eu des demandes pour du live, on est 3 maintenant

J'ai souvent à gérer l'ajout de samplers ou de machines dans mes autres groupes, c'est un truc un peu stressant quand même. J'aime bien dans le groupe la possibilité de l'impro et de l'interaction.

Beaucoup de choses dans The Name passent par le larsen et sa gestion, c'est très excitant à trois.

Dans l'attente donc d'avoir la chance d'assister à la déflagration sonore sur scène que promettent les versions studio, s'abreuver des titres disponibles sur les compilations du collectif et sur la page du groupe restent plus qu'un lot de consolation quand li s'agit de petits bijoux tels que All My Words Are Vain, Bows and Arrows, Reversong, Song no Song, entre nombreux autres d'à peine plus d'une minute jusqu'au quart d'heure rondement mené.

#blanc #violet #nothing #collectif #Bretagne #autoproduction

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