11 juil. ~ Enrico Experience ~


l Enrico Experience l s/t l

Un beau jour de l'an 2000... le résultat d'une experience quelque peu saugrenue atterrit sur nos platines.

Quel est donc l'hurluberlu qui s'est piqué de l'idée de rajeunir Enrico Macias tel un Benjamin Button (dont le film ne sortira que huit ans plus tard mais dont la nouvelle de F. Scott Fitzgerald est publique depuis 79 ans).

Un bug Y2K* ? Sourires en coin, limite narquois face à cette Enrico Experience qui, sur le papier, a tout d'un projet Frankenstein.

Le DJ Kicks de Kruder & Dorfmeister est sorti en 1997, Massive Attack a sorti Mezzanine deux ans plus tôt, Ninja Tune fête ses dix ans, mais RJD2 et Gorillaz n'ont pas encore publié leurs mémorables premiers disques, tandis que Mo'Wax a déjà lâché un certain nombre de bombes trip hop hybrides (DJ Shadow, DJ Krush, Attica Blues, Dr Octagon, Quannum, ...), toutes n'ayant pas forcément bien vieilli à ce jour, il faut bien l'avouer...

Au rang des succès interplanétaires, Moby vient de sortir son album Nescafé, Play, et le fameux Tourist de St-Germain sort des fourneaux, tandis que les œuvres de Natasha Atlas, avec ou sans le Transglobal Underground, sont déjà bien populaires... et que la drum'n'bass et la jungle poussent au portillon, l'ADN trip hop ayant déjà été croisé avec plusieurs autres sources musicales...

Mais s'il était question de mal vieillir, c'est un peu le premier gag-reflex** que l'on aurait eu au sujet du répertoire d'Enrico Macias... et pourtant c'est ce moment-là que son fils, Jean-Claude Ghrenassia, jazzman, choisit pour aller piocher et donner un sévère coup de jeune au répertoire de son père, le sien propre, ou celui des airs traditionnels qu'Enrico a repris dans sa, déjà, très longue carrière.

Au fil du disque, les influences des divers sorciers du son convoqués concoctent des mélanges, plus ou moins réussis... de trip hop donc, de dub (sur le traditionnel Koum Tara) et dub step, de drum'n'bass... dont un des premiers travaux de Jackson d'avant son Computerband, pour une version Aphex Twinienne du traditionnel marocain Sidi h' Bibi.

Dix-sept ans après, certains titres sont, sans se mentir, aussi kitsch qu'ils pouvaient l'être à l'époque, mais le line-up des remixeurs alignés, et certaines versions, sont encore aujourd'hui tout bonnement jubilatoires, ne serait-ce que l'insoupçonnable version magique par Concorde Music Club de La Folle espérance, une adaptation de Bine el bareh ouel youm que les Qabbalah Steppers transforment en une version transe ethno dub.

À noter également la version hallucinogène de l'Oriental par Bill Laswell, qui convoque pour l'occasion un dub profond sous influence Lee Scratch Perry pour le mitonner à la sauce Jean-Michel Jarre, un titre par ailleurs stratosphérisé par le Grand Popo Football Club (GPFC), en mode DFDC ? pour dance floor Daddy Cool ?

Bon ! On est en l'an 2000... L'eau a coulé sous les ponts et les hybridations publiées depuis ont élevé les débats à d'autres niveaux, dont, pour l'exemple non-anodin, le Love & Revenge, évoqué en début d'année.

N'empêche que...

* Y2K = year 2000, 2kilos d'années

** réflexe gag = envie de vomir en traduction français/anglais

#orange #oriental #remixes #FR #ArielWizman #Nolorgues #triphop

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