28 mar. ~ Soon, She Said ~

March 27, 2017

l Soon, She Said l The First Casuality of Love is Innocence l

 

 

L'innocence est la première victime de l'amour, un vaste sujet. Vous avez deux heures.

 

Pour le quatuor breton, Soon, She Said, il aura fallu à peine deux ans pour transformer l'idée de faire de la musique à plusieurs en un plein album de 44 minutes d'ambiances brumeuses des Midlands britanniques, fleurant parfois l'épais brouillard des Highlands écossais... entre autres atmosphères lentes et légères comme une plume au vent de la tombée du jour à Rostov-sur-le-Don.

 

Des goûts musicaux qui se rejoignent. Une rencontre entre Julien Perrin et Marc Corlett dans un disquaire de Saint-Brieuc et une autre lors d'un festival malouin... Il n'en a pas fallu beaucoup plus pour que l'idée d'un groupe ne fasse surface... Ils tiendront tous les deux des guitares, Julien le chant, avant que Laura Bruneau (chant, choeurs et basse) et Martial Durand (batterie) ne viennent compléter le line up.

 

Quelques démos, vite fait, bien fait, et tout mûrit à vitesse grand V. Il n'y a qu'à voir les deux versions du titre Reached Out entre septembre 2015 et maintenant.


Après, le shoegaze reste l'air de rien un style musical plus délicat à enregistrer qu'il n'y paraît... ne serait-ce que pour en restituer les ambiances recherchées et trouver l'espace nécessaire à la mise en valeur des multiples couches et sous-couches. En général, le choix du mix, des arrangements, du placement de la voix, est un véritable calvaire. Un océan de possibilités toutes différentes les unes des autres se présente au moment de faire ces choix. Parce que ce ne sont que des choix au final.

 

Nous avons beaucoup travaillé pour les compos et la post prod, explique Julien, pour nuancer l'idée que tout ce soit vraiment passé rapidement. Mais l'expérience de Marc est là !

 

On a mis un certain temps avant de trouver LE son des guitares et leurs complémentaritésIl y a eu des recherches de son, avec des essais de plusieurs pédales, raconte justement Marc, aussi connu pour tenir la basse au sein de Craftmen Club.

 

Dans le cas présent, c'est avec joie que l'on constate que ces recherches ont abouti à un album digne de leurs aînés et références. 

 

Face aux craintes légitimes de transposition du studio à la scène quand le travail en amont est important, Marc coupe court.

 

On a déjà fait quelques concerts, les effets ne posent pas vraiment problème, c'est plus la façon de traiter et de mixer le chant qui est moins évident à faire comprendre en France...

 

Le son que l'on a en répète, en live et en enregistrement est quasiment le même, souligne-t-il. Pour l'enregistrement, il nous fallait quelqu'un qui connaisse le shoegaze. On a eu la chance de rencontrer Bernard Marie, musicien dans Dead et Maria False*. On s'est très vite entendus sur ce qu'on voulait comme prod et il s'en est rapproché au mieux.

 

Avec un titre d'ouverture instrumental, ils nous invitent à entrer à pas feutrés dans leur univers. 

 

Dès lors, tandis que l'album défile, chaque titre prend son temps. Les instruments et les voix s'écoutent parler, communiquent, se répondent, murmurent à l'unisson, n'hésitant pas à se taire, comme la batterie sur Mess, où le chant de Laura et des guitares acoustiques prennent le relai, accentuant le sentiment d'une brise vespérale jouant avec les sentiments d'un abandon castelbriandien.  

 

Les titres s'enchaînent sans effort, laissant filtrer ici et là une dream pop chargée d'émotions. On en visualiserait presque la douleur de certaines couleurs dramatiquement magnifiques... comme cet oiseau mort auquel on aimerait redonner vie d'un simple toucher du doigt.

 

La pochette c'est une vraie réflexion avec le groupe et autour du nom de l'album, raconte Stéphane Merveille, auteur de la photo en question. Comment illustrer la fin de l'innocence et le début de l'âge adulte (...) l'oiseau était une de leur idée. Moi je voyais bien quelque chose de très clair donc blanc pour l'innocence...


Dans certaines cultures, le rouge-gorge est le symbole de la passion, dont le coeur, brûlé au feu du ciel, apparaît sur la gorge... la boucle est bouclée. Les deux heures sont terminées. Rendez votre copie. 

 

Cinquième volume du concept Microcircuit** de propagation par capillarité du label Monopsone, l'album sortira fin avril mais est d'ores et déjà en précommande ici.

 

 

** l'idée originale du concept de microcircuit est, comme le circuit court pour sauver le commerce de proximité, d'obtenir deux disques pour le prix d'un et d'offrir le second à quelqu'un... ami, artiste, professionnel, inconnu qui semble un peu dur de la feuille ou à qui l'acheteur souhaite faire plaisir en partageant un disque de choi

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Patrice Mancino

French-o-rama, 365 disques qui ont marqué mon parcours d'insatiable fan de musique(s), né avec la radio FM et devenu programmateur de radio indépendante obstinément défricheuse. 

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