25 août ~ Spitzer ~


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Qui n'a pas eu le sentiment au moins une fois de pas être né à la bonne époque ? Il existe heureusement aujourd'hui toute une palette d'artistes qui jouent les H.G.Wells.

Avec leur deuxième album, les Spitzer tournent la page des ambiances cinématographiques Carpenter-Morriconniennes de The Call. La planète que les frères Bregère nous présentaient alors orbitait sous un influence Agorienne qui avait logiquement créé un rapprochement avec le label InFiné, mais pour leur deuxième long format, les deux Lyonnais ont choisi de brouiller les pistes. La culture du grand écran aura cependant largement alimenté la série d'annonces et de teasers de l'album, en distillant quelqu'uns des codes qu'ils affectionnent avec quelques emprunts visuels à Reservoir Dogs, The Thomas Crown Affair, Batman, The Warriors (Les Guerriers de la Nuit), etc...

Pourtant, il aura fallu cinq ans pour que sorte Loose Cannons.

La composition n'a pas été si longue, même si le fait de tout produire nous-mêmes nous ralentit toujours, explique Matthieu.

Les délais ont commencé à s'allonger quand notre précédent label nous a fait savoir qu'ils ne sortiraient pas un tel disque. Comme on voulait absolument garder notre liberté artistique, on a monté Veckman et on s'est pris en main pour le sortir nous-mêmes.

On s'est émancipés pour préserver notre intégrité. Tout aurait sans doute été plus rapide si on avait livré un album orienté techno dancefloor mais la volonté de revenir à des bases rock, et donc de chanter, a été plus forte que l'appel du DJ booth.

On a puisé dans nos influences indie rock, new wave, précise-t-il.

On fait également du design sonore pour des pubs, tout ça prend du temps (...) Damien est aussi batteur dans un groupe de punk hardcore nommé Falsch. Bref, on s'occupe plutôt bien, sans compter qu'on taffe à côté.

Après une belle série remixes, comme celui de Train in Vain des Clash, et celui de The Slow Drug de PJ Harvey, il n'est guère surprenant qu'ils aient eu envie d'intégrer plus de parties vocales, à moins que ce ne soit ce qui les aura décidé à sauter le pas. Toujours est-il que Loose Cannons laisse une portion congrue aux pistes instrumentales et fait la part belle aux titres qu'ils chantent eux-mêmes.

À cette reconfiguration s'ajoute un brin de perfectionnisme pour aboutir à un disque dont les enregistrements étaient bouclés depuis mars 2015, pour arriver dans les bacs début 2017, sous l'étiquette de leur propre label.

Oui nous sommes plutôt du genre studieux mais on tente toujours de préserver une certaine spontanéité dans nos idées, même si le mixage et la production forment un processus plutôt long.

Par contre, on ne disgresse pas trop, on sait souvent en amont quelle direction musicale et sonore va prendre un morceau mais c'est clair qu'entre l'écriture des paroles et le mix final, il se passe souvent beaucoup de temps!

Faille temporelle oblige, Loose Cannons aurait du coup fait bonne figure à Manchester au milieu des sorties des débuts de l'écurie Factory...

Damien est très bon en synthèse sonore donc nous utilisons très peu de samples; nous faisons nos kicks, nos snares, etc…. On bosse principalement avec des VST mais il y a toujours une étape de studio d'enregistrement (merci a Mikrokosm au passage) pour les voix ou la batterie.

On aime mélanger la froideur du numérique avec des couches plus organiques, comme des balais enregistrés ou le souffle d'un ampli de guitare. Quand on demande quelle musique nous faisons, on dit parfois, pour simplifier, qu'on fait une sorte de Depeche Mode burné, détaille Matthieu, avant d'ajouter par exemple que... un groupe comme Algiers nous a mis un vraie claque (...) même si la mélodie reste essentielle, on apprécie quand un morceau est puissant, au sens rock du terme.

Ils reviennent donc avec un son marqué, identifié, mais terriblement moderne et une voix... ce genre de voix qui inscrit un groupe dans une scène musicale... à l'image de la scène belge dont nombre de groupes paraissent tous avoir Tom Barman comme chanteur et de la même manière que la scène mancunienne pourrait sembler avoir Bernard Sumner comme inspiration vocale de référence.

Quatre instrumentaux et une invitée viennent enrichir un tracklisting au cordeau que Section 25 aurait peut-être taxé de Dirty Disco, ou à défaut de cold wave, ou plus exactement de heavy wave comme l'appellent Damien et Matthieu. C'est Marine Pellegrini d'Erotic Market qui prend le relais de Fabrice Gilbert de Frustration et de la sensible Kid A, qui prêtait leur voix sur leur premier LP.

Les festivaliers des Nuits de Fourvières 2014 auront pu jauger sur pièce de leur envie d'évoluer vers quelque chose de plus organique, bien que reposant sur des structures electro, lors d'un concert croisé avec Erotic Market justement. Une envie qui prenait également corps plus récemment lors d'une session Warehouse aux studios Mikrokosm, avec un batteur en invité, Nico Taite, des mêmes Erotic Market.

C'est un excellent batteur et on partage beaucoup d'influences. On voulait briser le format laptop de nos lives précédent et refaire des vrais concerts pour accompagner ce second disque sur scène.

Au-delà du seul aspect organique des drums, l'idée d'un trio nous a semblé évidente, c'est le format rock par excellence.

Les ambiances plus acoustiques du titre de clôture, Sorcerer, laissent imaginer qu'ils n'ont pas fini d'explorer les possibles hybridations de l'ADN Spitzer... quitte à patienter encore cinq ans, avec quelques remixes pour patienter.

#blanc #orange #Veckmanrecords #InFiné #coldwave #synthpop #heavywave

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