10 jui. ~ Ex Fulgur ~


l Ex Fulgur l Noires sont les galaxies l

No wave, no future, et ex Fulgur.

Une trinité aux effluves de deus ex machina iconoclaste dont le pater nostrum décadent à la gloire de Mendeleïev et de son tableau... une image évoquant aisément ce groupe central électr(on)ique allemand qui fit danser des salles entières au rythme d'une apologie de l'énergie nucléaire.

La posture anti-prêcheur d'Odilon Violet dessine et trace le portrait froid et blanc d'une existence et d'une société blafarde sur un matelas à spires musicales minimalistes à base de machines, pilotées par Saïtam, et de guitares maltraitées, par Mistress Bomb H.

Le trio post-everything de Rennes plonge avec délectation l'auditeur dans un puits sans fond qui renvoie l'image de noirceur d'insondables galaxies dont ils se font les explorateurs pour un premier album simple et efficace.

Pour ce disque qui, une fois sur scène, peut virer à la performance et à la petite mort d'une littérature qui ne dit pas son nom, d'une poésie qui s'affranchit de ses règles, les musiciens et leur maître de cérémonie font tout pour donner l'impression qu'ils sont à contre emploi, allant jusqu'à, si j'ai bien compris, échanger leurs modes d'expression instrumentales de prédilection... le guitariste passant aux machines et la férue d'électro industrielle s'emparant de la guitare.

Dissimulés derrière leurs pseudos, Régis, Hélène et Mathias se laissent aller derrière, ici un masque sémantique, là une capuche, à une transe froide et métronomique qui permet de garder une liberté sur scène, voire de susciter une forme de vibration dancefloor en mode clubbing, comme ils l'avouaient au micro de la radio Canal B en avril dernier.

Il n'en reste pas moins dans tout ça une subjugation face à un état ou un esprit qui cherche une issue ou quelque résolution au travers d'incantations (un rien) nihilistes qui sonnent comme autant d'épitaphes mises en abîme à base de rimes en carafe, en ure, et en iche...

Bref, ex Fulgur fait encore une fois la démonstration de la vivacité souterraine, passée et encore actuelle d'une scène qui n'existe que parce qu'elle le veut bien et qu'il suffit de creuser pour trouver l'essence de l'underground... une alchimie du pétrole qui n'est rien sans les idées qui vont avec.

#blanc #Kreviniourecords #Detonicrecords #Rennes #Kraftwerk #frontwave #FR

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