14 avr. ~ Spleen vs Ideal ~


l Spleen vs Ideal l souvenirs. l

La rencontre avec Spleen vs Ideal remonte à la version live des french-o-rama, époque showcases publics et professionnels au Nouveau Casino circa 2005.

Ce jour-là, c'est Catfish qui est sur scène. Non, pas le duo, mais plutôt un poisson-chat un brin plus poilu et tatoué, à quatre sur scène, et teinté de Mike Patton, façon Tomahawk avec une touche de Queens of the Stone Age, première époque...

Mais Jeff Guastalla, au chant, et Nicolas Goussot, à la batterie, ont un projet parallèle qui pousse le curseur plus loin... un duo basse-batterie avec saxophone... puisqu'en plus de ses cordes vocales, l'arc du capitaine du navire comporte aussi la pratique de ces deux instruments.

Cagoules et combinaisons blanches achèvent de me convaincre, en plus d'une certaine sauvagerie vocale portée sur le français - l'anglais moins - et les aboiements... Autant dire une musique de niche.

De mon côté, c'est décidé, si je devais me lancer dans l'aventure de monter un label, ce serait le projet idéal, justement. Quoique. Pas vraiment. Pas très vendable, diront certains. Si je vise la Rolex et le cigare à 50 ans, c'est pas gagné. Mais en tout cas, c'est un projet qui me parle et que je peux défendre.

Le premier disque, un mini-LP de 34 minutes, s'appellera souvenirs. Et en laissera de nombreux, de bons sur le côté artistiques de moins bons côté réception journalistique. Il faut bien sûr s'attendre à ne pas plaire à tout le monde, et SvsI n'était de toute évidence pas le mieux placé pour ça, ne le recherchait pas plus que ça. Il était juste surprenant pour mon premier passage de l'autre côté de la barrière de voir comment les avis peuvent être tranchés avec des arguments d'une mauvaise fois souvent criarde. Mais c'est le jeu, non ?

Qui eût pensé que ça poserait un cas de conscience à certains chroniqueurs de l'époque que le disque ne soit pas assez long ! On est en 2007 ! Les gens avaient insidieusement acquis un besoin maladif de remplir les 74 minutes que peut contenir le support, en lieu et place des deux fois 22 minutes d'un 33 tours.

Comme si longueur était un gage de plaisir ! Quoi qu'il en soit, à l'époque, comme aujourd'hui, peut-être vaut-il mieux une bonne demi-heure intense, que 45 minutes supplémentaires de ventre mou...

Enregistrée quasi à la maison avec Sylvain Carpentier, et mixé/masterisés à San Francisco par Billy Anderson, cette demi-heure-là avait de quoi défriser. Son travail a été bluffant au regard de qu'il a reçu comme matière première et du rendu final.

À peine, soignée la morsure introductive de Wunderbar ! que Chien Boomerang enfonçait le clou d'un rock extrême, calibré et onomatopé*... 34 minutes compactes qui finisse sur un titre épique façon Lost Highway, grondements, flashes et saxophone à l'appui.

Surprise, il n'était pas du goût de tout le monde d'entendre un truc sonner comme du Mister Bungle / Fantomas, sur tout si ça émanait d'un groupe franchouillard, forcément peu talentueux par rapport à ses références - si l'on en croit certains retours de presse -, de plus en format duo et dans la langue de Virginie Despentes. Il était dommage, et ça l'est toujours, que des gens ne jurent que par des artistes dont ils ne comprennent pas la langue et s'en servent de point de comparaison pour rabaisser la scène française... Note pour plus tard : faire une petite traduction littérale de certains titres des Beatles ou des Pixies. Comme si comprendre devenait un désavantage.

Heureusement, quelques programmateurs désgourdis** n'hésiteront pas à les programmer.

S'en suivent des dates glorieuses en première partie de groupes classes. dont l'une à distribuer au public des cagoules faites main... The Locust, Melt Banana, Qui (feat. David Yow), Sleepytime Gorilla Museum...

La suite discographique s'enclenche. Sept titres sont mis en boîte et envoyés à Los Angeles aux bons soins de Toshi Kasai, pour son travail avec Red Sparowes, Helmet et les Melvins...

Mais la vie, les choix personnels, l'amour à la Princess Bride aboutissent au démembrement du duo... en deux temps, trois mouvements. Du coup, le 2e disque, enregistré également avec Sylvain Carpentier, intitulé Astropitek, ne sortira pas...

J'en serai pour mes frais mais quelle belle première incursion côté disque ! Mais que de souvenirs !

C'était il y a dix ans... Un anniversaire pour Quixote R.P.M., qui a pris pour logo le personnage de Cervantès, parce que travailler dans la musique c'est se battre contre des moulins à vents.. et qu'un peu d'utopie ne fait pas de mal.

* du verbe onomatoper ? s'exprimer à base d'onomatopées ? ** du verbe désgourdir ? écouter esgourdes grandes ouvertes sans préjugés

#rouge #MikePatton #DavidYow #BillyAnderson #ToshiKasai #StudiosJuno #quixotemusic #MeltBanana

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