9 avr. ~ In Graceland ~


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La rencontre d'un pianiste et d'un acteur, immortalisée par un disque mélancolique, tendre au coeur et vague à l'âme, débordant d'ambiances soyeuses, avec spleen à tous les étages.

Un album pour trouver grâce dans la solitude, qui chante pour les coeurs tristes et les nuages éteints.

Non, il ne s'agit pas d'Aaron, mais de la rencontre entre Brice de Margerie, pianiste, compositeur et de Thomas Cerisola, auteur, musicien, interprète, acteur.

Au regard des timings des sorties des deux projets, le succès des premiers pourrait bien avoir vaguement éclipsé le bijou des seconds passé du coup quasi inaperçu.

La dizaine de titres de ce paradis perdu est néanmoins d'une dynamique tout autre... moins pop... voire pour ainsi dire une anti-pop noire et romantique, à la croisée de plusieurs classicismes... comme autant de fenêtres entrouvertes sur le slow-rock new-yorkais, le jazz, le folk poussiéreux, le classique et les musiques du monde... passant allègrement de l'anglais, au français avec un petit supplément d'italien.

Tout en laissant la part belle aux plages instrumentales, la voix de Thomas Cerisola, qui possède par ailleurs un projet appelé jesuisuncerf, caresse et tourmente. Le tout est porté par une intimité projetée égale au soin apporté à l'enregistrement des textures sonores auxquelles il est impossible de rester insensible.

On entend le piano expirer, exhaler sous le poids des papillons noirs, on sent le glissement du doigts sur l'âme de la corde de guitare, on perçoit le cliquetis des mécaniques de cuivres, le bois, la pluie, le relâchement du balais sur la peau des toms de batterie.

Les ombres qui traversent de part en part ce recueil ne sont pas sans rappeler l'homme mort de Jim Jarmusch ou le Lawrence d'Arabie de Maurice Jarre, les hommes chanceux de Lou Reed, quelques notes de Javanaise au Clair de Lune, tout en laissant résonner des bribes de silence aussi sexy que dans de nouvelles constructions berlinoises délabrées.

Si l'ajout, entre autres, du titre Black Ship dans la version publique du disque est un vrai plus, on pourra regretter le retrait des titres Prélude et Ô Death, mais globalement, dans ce Graceland, point de spectre gominé mais toutes les senteurs d'une orageuse mélancolie, d'une souffrance délicatement savoureuse et d'une détresse en plongée introspective.

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